A l'échelle matérielle et économique

La poursuite du conflit au Proche-Orient a des conséquences économiques sérieuses. L'économie israélienne, après une croissance très forte en 2000 soit de 6.4 %, est tombée en récession l'an passé soit à 0.5%, pour des raisons qui tenaient plus à la récession américaine et à la crise des nouvelles technologies qu'à la relance de l'Intifada. Côté palestinien, la situation est bien plus difficile encore. Une part croissante de la population est sous-alimentée et le non emploi touche quasiment tout le monde, notamment à Gaza. Les interventions de l'armée israélienne, en réplique aux attentats, mais aussi pour sécuriser des colonies implantées dans les territoires occupés, se sont traduites par la destruction de multiples infrastructures. Au-delà, la dégradation des conditions de vie de la population palestinienne ne date pas de la nouvelle Intifada. Elle s'explique aussi par le refus d'Israël de donner aux territoires les moyens d'un réel développement après les accords d'Oslo, dans un contexte où leur économie dépend étroitement des relations avec Israël, en tant que client ou comme employeur potentiel.

Les effets socio-économiques et politiques de l’exclusion des Palestiniens de Jérusalem sont ainsi nombreux. Tout d'abord, on retrouve des répercussions sur la mobilité comme le montr la vidéo ci-dessus. Les conséquences de la suppression de la liberté de mouvement des résidents palestiniens de Jérusalem ou de ceux qui vivent à proximité de ses frontières sont énormes. Des dizaines de milliers de Palestiniens traversent tous les jours les check points de Jérusalem. Les inspections quotidiennes tout le long du trajet affectent principalement les personnes âgées, les écoliers et les femmes qui voyagent avec de jeunes enfants.

Puis, on constate que ces effets affectent également le domaine de la santé. En effet, l' achèvement de la construction du mur à Jérusalem empêche des dizaines de milliers de Palestiniens vivant dans les quartiers et les villages autour de Jérusalem de recevoir les soins médicaux adéquats dans les hôpitaux palestiniens, dont la plupart sont situés à Jérusalem-Est.

Cela atteint aussi l'éducation. La barrière entrave fortement l’accès à l’éducation puisque les élèves, quelque soient leur âge, doivent traverser quotidiennement les points de contrôle à l’intérieur et à l’extérieur de la ville. Selon les statistiques recueillies par le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) en 2007, pas moins de 6000 étudiants et 650 enseignants vivant à l’est de la barrière ont eu des difficultés à accéder à leurs écoles respectives à Jérusalem-Est. Les écoles ont signalé une perte importante d’étudiants ainsi que du personnel après la construction du mur, les menaçant même de fermeture.

Par conséquent, le mur de séparation a contribué à la détérioration économique de Jérusalem-Est et la hausse du seuil de pauvreté. Jadis, Jérusalem-Est prospérait en tant que centre économique de la Cisjordanie. Depuis l’adoption du système de barrière et de permis, Jérusalem-Est a été presque complètement déconnectée de la Cisjordanie. La construction du mur force les Palestiniens à changer leurs habitudes d’achat, car il empêche les habitants palestiniens de Cisjordanie d’acheter ou de vendre à Jérusalem, et pose des difficultés pour les Palestiniens de Jérusalem qui veulent faire des affaires en Cisjordanie.

Du fait des obstacles imposés par Israël à la construction palestinienne à Jérusalem, de nombreux résidents palestiniens, environ 45.000, ont dû se déplacer vers les villes palestiniennes proches de Jérusalem, comme Abu Dis, al-Azariya ou al Ram. Ces habitants ont alors construit des maisons en dehors de la ville, mais ils ont maintenu leur domicile et leurs avantages à Jérusalem afin de ne pas perdre leurs droits de résidents de la ville. Le retour en ville a provoqué une forte hausse des prix du logement. C’est aujourd’hui parfois aussi cher d’acheter ou de louer un appartement à Jérusalem-Est que du côté ouest de la ville. Cette situation augmente fortement la densité de population dans les quartiers restants à Jérusalem et entraîne des niveaux de pauvreté et de chômage élevés pour les Palestiniens.

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